Le « Nettoyage de réputation » sur Internet
Vendredi, 23 Avril 2010 00:00

Le web, plus que jamais, est le média de la prescription. Celui sur lequel on construit son opinion. Stars, hommes politiques, mais aussi entreprises sont donc soucieuses de « nettoyer » ce qui gêne la confiance des tiers, à commencer par certains résultats Google (les entreprises s’inquiètent pour leur réputation en ligne).
Question fréquemment posée : peut-on, et même doit-on, « nettoyer » les résultats des moteurs de recherche des scories et autres contenus désagréables pour l’image ?
Il était une fois dans l'Web...
Sur le net et dans les milieux informés, le débat fait rage : peut-on nettoyer le web de ce qui nous déplait ? Le blog CaddE-Reputation distingue les « Bons », les « Brutes » et les « Nettoyants ». Le premier cherche à construire une relation apaisée entre marques et internautes, sur les territoires du « nouveau western » digital. Le second dégaine à tout va pour « noyer » le web et faire ainsi reculer les contenus négatifs. Le « Nettoyant », enfin, mobilise l’arsenal de l’injonction, jusqu’à la menace légale, pour faire le vide.
Des trois approches, celles de la Brute et du Nettoyant sont vouées au court terme. L’avalanche de contenus peu qualifiés et les e-mails de demande de suppression finissent même par porter préjudice. C’est l’avis de Nicolas Vanbremeersch, blogueur émérite : "une réputation ça ne se nettoie pas, ça se construit". Face à la critique (toutes les marques la subissent...), les postures arbitraires ou appeurées ne sont pas viables sur le long terme. Dissimuler, réduire au silence, imposer un diktat... autant de fausses bonnes idées qui risquent d'attiser le feu au lieu de l'éteindre, jusqu'au coup de grâce : le fameux bad buzz.
Une offre riche s’est pourtant structurée : de nombreuses startup, à commencer par le leader américain, Reputation Defender, promettent un nettoyage de réputation dans les moindres recoins. Après un test sourcilleux de ce dernier par notre équipe, nous sommes cependant en mesure d’affirmer que… ça ne fonctionne pas. Pour 30 dollars, les informations fournies sont à peine pertinentes et les fonctions de suppression ne marchent pas. Les forfaits supérieurs ne donnent pas plus satisfaction.
N’évacuons pas, enfin, la question éthique : à l’heure de l’identité numérique, beaucoup réclament un « droit à l’oubli », sur les réseaux sociaux mais aussi sur Google. C’est même devenu une ambition ministérielle. D’autres soulignent l’importance de protéger internet contre toute tentative de « révisionnisme ». Google tient à protéger sur ce point sa propre réputation, en refusant systématiquement toute demande de modification de son algorithme de classement. Même Nicolas Sarkozy n’aura pas eu gain de cause : victime d’un « Google Bombing », Google lui refuse toute modification.
Après le Far West, la Civilisation : l’E-Reputation
Vous avez le droit à la parole et vos traces ne sont pas toutes d’indélébiles stigmates. La E-Reputation reprend l’équation de la question initiale par le haut. A la question du « comment nettoie-t-on », l’approche E-Reputation oppose une autre question : « qui êtes vous ». Le Blog E-Reputation tente une définition de cette nouvelle approche : il s’agit de construire une identité numérique qui vous ressemble, pas à pas.
Faites valoir votre point de vue en publiant des contenus pertinents, utiles à votre communauté de référence et en échangeant avec les internautes sur les espaces sociaux. C’est ainsi qu’Alexandre Villeneuve, consultant d’Image & Stratégie et Président du Club des référenceurs SEO CAMP, définit la nécessité de « gérer ses traces ».
Gérer une réputation, c’est donc faire d’une contrainte (l’insatisfaction exprimée sur les forums, les avis de consommateurs, les blogs, les réseaux sociaux…) une opportunité. C’est permettre à l’entreprise ou la personne de s’exprimer sur le même terrain, en concédant ce qui doit l’être, et en adoptant une démarche pédagogique pour démonter les contre-vérités. Ancrer le débat autour de faits vérifiés : voilà un service rendu au web contre la rumeur, pour ne plus se retrouver « piégé dans la toile » (voir à ce propos le formidable reportage de 13ème Rue : « Pris dans la toile »)
Une image franchement négative peut ainsi, en quelques mois, changer radicalement. Plus que de « nettoyage », ponctuel et provisoire, on vise ici le changement par un travail sur le fond. C’est le retour à une communication « vertueuse » car fondée sur l’échange.
Question fréquemment posée : peut-on, et même doit-on, « nettoyer » les résultats des moteurs de recherche des scories et autres contenus désagréables pour l’image ?
Il était une fois dans l'Web...
Sur le net et dans les milieux informés, le débat fait rage : peut-on nettoyer le web de ce qui nous déplait ? Le blog CaddE-Reputation distingue les « Bons », les « Brutes » et les « Nettoyants ». Le premier cherche à construire une relation apaisée entre marques et internautes, sur les territoires du « nouveau western » digital. Le second dégaine à tout va pour « noyer » le web et faire ainsi reculer les contenus négatifs. Le « Nettoyant », enfin, mobilise l’arsenal de l’injonction, jusqu’à la menace légale, pour faire le vide.
Des trois approches, celles de la Brute et du Nettoyant sont vouées au court terme. L’avalanche de contenus peu qualifiés et les e-mails de demande de suppression finissent même par porter préjudice. C’est l’avis de Nicolas Vanbremeersch, blogueur émérite : "une réputation ça ne se nettoie pas, ça se construit". Face à la critique (toutes les marques la subissent...), les postures arbitraires ou appeurées ne sont pas viables sur le long terme. Dissimuler, réduire au silence, imposer un diktat... autant de fausses bonnes idées qui risquent d'attiser le feu au lieu de l'éteindre, jusqu'au coup de grâce : le fameux bad buzz.
Une offre riche s’est pourtant structurée : de nombreuses startup, à commencer par le leader américain, Reputation Defender, promettent un nettoyage de réputation dans les moindres recoins. Après un test sourcilleux de ce dernier par notre équipe, nous sommes cependant en mesure d’affirmer que… ça ne fonctionne pas. Pour 30 dollars, les informations fournies sont à peine pertinentes et les fonctions de suppression ne marchent pas. Les forfaits supérieurs ne donnent pas plus satisfaction.
N’évacuons pas, enfin, la question éthique : à l’heure de l’identité numérique, beaucoup réclament un « droit à l’oubli », sur les réseaux sociaux mais aussi sur Google. C’est même devenu une ambition ministérielle. D’autres soulignent l’importance de protéger internet contre toute tentative de « révisionnisme ». Google tient à protéger sur ce point sa propre réputation, en refusant systématiquement toute demande de modification de son algorithme de classement. Même Nicolas Sarkozy n’aura pas eu gain de cause : victime d’un « Google Bombing », Google lui refuse toute modification.
Après le Far West, la Civilisation : l’E-Reputation
Vous avez le droit à la parole et vos traces ne sont pas toutes d’indélébiles stigmates. La E-Reputation reprend l’équation de la question initiale par le haut. A la question du « comment nettoie-t-on », l’approche E-Reputation oppose une autre question : « qui êtes vous ». Le Blog E-Reputation tente une définition de cette nouvelle approche : il s’agit de construire une identité numérique qui vous ressemble, pas à pas.
Faites valoir votre point de vue en publiant des contenus pertinents, utiles à votre communauté de référence et en échangeant avec les internautes sur les espaces sociaux. C’est ainsi qu’Alexandre Villeneuve, consultant d’Image & Stratégie et Président du Club des référenceurs SEO CAMP, définit la nécessité de « gérer ses traces ».
Gérer une réputation, c’est donc faire d’une contrainte (l’insatisfaction exprimée sur les forums, les avis de consommateurs, les blogs, les réseaux sociaux…) une opportunité. C’est permettre à l’entreprise ou la personne de s’exprimer sur le même terrain, en concédant ce qui doit l’être, et en adoptant une démarche pédagogique pour démonter les contre-vérités. Ancrer le débat autour de faits vérifiés : voilà un service rendu au web contre la rumeur, pour ne plus se retrouver « piégé dans la toile » (voir à ce propos le formidable reportage de 13ème Rue : « Pris dans la toile »)
Une image franchement négative peut ainsi, en quelques mois, changer radicalement. Plus que de « nettoyage », ponctuel et provisoire, on vise ici le changement par un travail sur le fond. C’est le retour à une communication « vertueuse » car fondée sur l’échange.